Le contre-budget d'Eva Joly, un new deal écologique et social
Eva Joly a été la première parmi les candidats à la présidentielle à présenter son contre-budget; un exercice fondamental pour montrer que les idées défendues par EE-LV peuvent être intégrées dans la réalité économique, et que la transition écologique de celle-ci est possible. Nous invitons ceux qui s’estiment « sérieux », « raisonnables », « responsables » et qui prennent plaisir à qualifier les écologistes de doux rêveurs déconnectés des réalités sociales et économiques à se plonger dans ce budget et à nous dire en quoi les autres partis seraient plus crédibles sur ce sujet, pour résoudre les véritables problèmes auxquels le pays est confronté.
Le Contre-Budget 2012 ou «Budget 2012, un new deal écologique et social » cherche à mettre un peu de bon sens, et d’espoir dans la vision des finances publiques à l’heure ou les marges de manœuvres sont prétendument très limitées par la dette.
Pas de pari sur un retour hypothétique de la croissance, mais des bases posées pour parvenir à une prospérité partagée.
Le budget propose notamment de mobiliser 14 milliards d’euros supplémentaires pour lancer une véritable conversion écologique de notre société. Avec à la clef, 300 000 emplois supplémentaires, une qualité de vie améliorée, une facture énergétique réduite, une moins forte vulnérabilité face au pétrole et au nucléaire, et surtout, une société plus juste et épanouie, et solidaire. Pour ce faire, le budget prévoit aussi:
- 7,9 milliards à investir dans la solidarité : RSA, retraite à 60 ans, logements sociaux basse consommation...
- 4 milliards pour faire en sorte que plus aucun jeune ne vive en dessous du seuil de pauvreté.
- 3, 8 milliards pour l’éducation dès la petite enfance: formation et postes d’enseignants, crèches, maternelles…
- 4,6 milliards pour la santé : extension de la CMU complémentaire, renforcement de la prévention, vaste programme de santé alimentaire, lutte contre la souffrance au travail, revalorisation des salaires du personnel hospitalier.
-2,1 milliards pour arrêter la RGPP (réforme générale de la politique publique), contraindre la publicité, soutenir la recherche, les intermittents, et l’économie sociale et solidaire.
Ce budget appelle à de grands débats et chantiers prioritaires : l’hôpital, l’éducation, la dépendance des personnes âgées, le travail.
Comment on finance ?
- Une fiscalité plus écologique, notamment pour booster la transition énergétique : 14, 5 milliards de recettes
- L’arrêt des dépenses anti-écologiques : 3 milliards
- La lutte contre les paradis fiscaux : 8 milliards
- La fin des subventions propices à la précarité : 6,5 milliards.
- Une fiscalité plus juste : impôts sur les revenus : 8,1 milliards, sur le patrimoine : 7,7 milliards, sur les entreprises : 8 milliards.
- 10, 65 milliards en plus à travers notamment la fin des exonérations sur les heures sup, une taxe sur la publicité, une réorientation de certaines dépenses militaires.
Au final, on se retrouve avec 17,9 milliards de dépenses, mais 47, 9 milliards de recettes. Ce qui laisse 30 milliards pour réduire le déficit.
Cerise sur le gâteau, il existe aussi tout un ensemble de mesures capitales qui ne coûtent rien !