Jump to Navigation

La dette écologique

Une dette par rapport aux ressources naturelles et à la dégradation de l’environnement:

La notion de dette écologique fait référence au fait qu’une certaine partie de la population exploite/ a exploité les ressources naturelles à un rythme et un niveau supérieur à sa part « équitable », au détriment des autres populations et/ ou des générations futures.

La notion d’empreinte écologique permet de mieux cerner le concept. En adoptant des modes de vie dont l’empreinte écologique est trop importante, les pays/ invididus « riches » ont développé une dette écologique.

Une notion née en opposition à la dette des pays du Tiers-Monde

- Dette écologique contre dette financière

La notion de dette écologique est historiquement liée à la lutte pour l’annulation de la  dette des pays du Tiers-Monde. L’idée était que si les pays du Tiers-Monde devaient des dollars aux pays riches, les pays riches eux, avaient contracté une « dette écologique » d’une gravité et d’une valeur bien plus importante. En effet, les dollars dus par les pays « pauvres » n’avaient comme réalité que les comptes « artificiels » d’un marché financier « injuste », alors que la dette écologique fait référence à une réalité bien plus concrète : l’exploitation/ la pollution des ressources et leurs conséquence sur les populations spoliées[1].   

- Un concept largement portée par les pays du « Sud » et les ONG

On reconnait généralement « l’invention » du concept à l’Institut d’Ecologie Politique du Chili à travers un article qui dénonçait la responsabilité des pays du Nord vis-à-vis du trou dans la couche d’ozone, et donc de l’augmentation des cancers de la peau au Chili.

Très rapidement, le concept a été développé et enrichi par des chercheurs et des ONG, en particulier lors du « Sommet de la Terre » de Rio 1992 puis celui de celui de Johannesburg en 1999. Aujourd’hui, le concept est de mieux en mieux compris et accepté, mais reste à le faire accepter plus largement et à préciser son identité juridique.

Une notion toujours en évolution, mais qui se précise:

          Si cette notion n’a pas encore vraiment de réalité « juridique », l’idée qu’elle défend est relativement claire. Elle est que le développement des pays du Nord s’est fait en grande partie grâce à ce qu’on peut qualifier de pillage des ressources naturelles (à travers un accès quasiment gratuit aux ressources, la dégradation/ pollution des terres et des sols…) des pays du « Sud ».

Ainsi, le Comité d’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) définit la dette écologique comme « la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation ». Le concept peut s’appliquer à 5 domaines :

o       Le carbone (ou l’ensemble des gaz à effet de serre): Les pays du « Nord » ont déjà utilisé l’essentiel du « budget carbone » planétaire. Les pays du « Sud » sont donc contraints aujourd’hui de se développer en émettant peut de carbone.

o       La biopiraterie: c’est l’appropriation de connaissances et de plantes locales à travers des brevets sans compensation aux « vrais » créateurs de ces richesses que sont les peuples autochtones (et les années de sauvegarde et de recherche). C’est surtout le fait d’entreprises pharmaceutiques et de semenciers.

o       L’extraction de richesses naturelles : c’est l’exploitation sans rémunération équitable et dans des conditions déplorables des ressources naturelles des pays du « Sud » : pétrole, cuivre, or… mais aussi denrées agricoles (donc l’exploitation des sols- souvent au détriment de l’agriculture vivrière).

o       Les déchets : Les pays du « Nord » ont pris la fâcheuse habitude de rendre aux pays du « Sud » les ressources naturelles qu’ils se sont octroyées sous forme de déchets, avec les répercutions qu’on connait sur les écosystèmes et les populations locales.

Que faire de ce concept ?

            Les débats sur l’utilisation et la mise en pratique de ce concept sont nombreux. Alors que certains estiment que les pays du Nord devraient payer intégralement cette dette sous une forme ou sous une autre, d’autres estiment que le concept peut être dangereux car sans réelles limites (jusque où remonter dans le passé, les responsabilités ? Et comment évaluer en chiffres cette dette?) et qu’il ne peut pas être appliqué « juridiquement». Autrement dit, certains craignent, en mettant la dette écologique sur la table, d’ouvrir la boite de Pandore.        

Côté Citron Vert, et EE-LV, nous pensons que ce concept doit continuer à être développé et exploité. Le fait qu’il ne soit pas encore mûre juridiquement ne doit pas nous empêcher d'explorer les pistes qu'il ouvre et de l’utiliser pour repartir sur des bases plus saines et mettre en place une gouvernance et un modèle sociale et économique en accord avec les besoins réels de chacun, au service notre épanouissement[2].

De nombreux projets et idées vont dans le sens d’une prise en compte de cette dette écologique, de la nécessité de reduire notre empreinte écologique, et de remettre l’épanouissement de tous au centre de nos modèles politiques et économiques. On peut penser par exemple aux pistes suivantes:

-          La Contraction et Convergence (voir ci-contre)

-           L’Indice de la planète heureuse et autres indices alternatifs (voir ci-contre) 

-          Le programme de EE-LV

Liens utiles: 

Rubrique "dette écologique" du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde: http://www.cadtm.org/Les-enjeux-de-la-dette-ecologique

Résumé du débat sur la notion de dette écologique du 7 novembre 2011 par la Région Ile de France avec le soutien de la Chaire Développement Durable de Sciences Po et de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri): http://depollux.wordpress.com/2011/11/10/pourquoi-la-region-ile-de-france-doit-elle-reconnaitre-la-notion-de-%C2%AB-dette-ecologique-%C2%BB/


 

La Contraction et Convergence: 

C'est un concept développé dans le cadre des négociations internationales sur le climat: L’idée est réduire les émissions de gaz à effet de serre sous un niveau de « sécurité » en faisant converger les émissions par pays par tête par habitant vers un même niveau. Ainsi, les pays « débiteurs » devraient réduire progressivement (mais rapidement) leurs émissions pour atteindre ce niveau commun, alors que les « créditeurs » seraient autorisés à augmenter leurs émissions jusqu’à ce niveau unique. L'idée sous entend également que, portant une responsabilité particulière, les pays émetteurs aident, par des soutiens financiers, technologiques, et une aide à l'adaptation, les pays aujourd'hui faiblement émetteurs à mettre en place un développement propre. 

L'indice de la planète heureuse: 

permet de calculer l’efficacité des différentes économies à assurer le bien être de leur population tout en ayant une empreinte écologique limitée. Il met en relation deux indices de bien être (l’espérance de vie et la satisfaction dans la vie –généralement mesurée par la question : toutes choses considérées, à quel point êtes vous satisfaits de votre vie dans l’ensemble en ce moment ?) avec l’empreinte écologique. Il montre notamment qu'à partir d'un certain niveau, une prédation plus importante des ressources naturelles n'a plus d'effet (ou très peu, ou alors un effet inverse) sur le bien-être. Il fait partie des indicateurs qui mettent l'accent sur les besoins réels des populations, plutôt qu'un modèle basé sur le consumérisme. 

 

 



Main menu 2

Souscrire au Citron Vert - Montreuil RSS
by SEMI-K.