L'empreinte écologique
Définition:
Commençons par deux définitions "officielles" de la notion d'empreinte écologique:
L’OCDE la définit comme « une mesure en hectares de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée ».
Pour William E. Rees, un des pères de ce concept, « l'empreinte écologique est la surface correspondante de terre productive et d'écosystèmes aquatiques nécessaires pour la production des ressources utilisées et l'assimilation des déchets produits par une population définie à un niveau de vie spécifié, là où cette terre se trouve sur la planète ».
Ces définitions sont relativement précises, tout comme peuvent l'être les détails de son calcul. Mais cette notion peut être utilisée dans une interprétation plus ou moins large et une définition simple consisterait à dire que l’empreinte écologique calcule le rapport entre les ressources que nous utilisons (bois, sols, produits de la mer, matières premières…) et la capacité de la planète (ou d’une zone géographique donnée) à les fournir de manière continue et durable (autrement dit sa "biocapacité"-voir ci-contre).
Lorsque la biocapacité utilisée dépasse la biocapacité disponible, alors l’individu vit « à crédit » par rapport aux générations futures et/ou à ses congénères. Il contracte alors une dette écologique) et son mode de vie, non durable, aura des répercussions sur les bien être des personnes envers lesquelles il développe cette dette écologique.
Origine, développement, et utilisation:
La notion d'empreinte apparaissait dans un article académique au moment du « Sommet de la Terre » de Rio en 1992[1]. Depuis, ses fondateurs et d'autres acteurs l'ont peu à peu affiné ainsi que ses méthodes de calcul. En 2003, Mathis Wackernagel co-fonde le « Global Footprint Network », une ONG chargée de perfectionner la méthodologie et de mettre à jour les résultats. Le WWF et d’autres acteurs ont contribué à son développement en France. Chaque année, le WWF rend compte de notre empreinte écologique dans son Rapport Planète Vivante.
Bien que de nombreux débats aient encore lieu sur les différentes méthodologies à adopter et certaines limites de ce concept pour rendre compte de l’ensemble des impacts des activités humaines sur la planète, il est un instrument très utile pour sensibiliser aux limites physiques de la planète et à la nécessité de passer à un mode de vie plus durable.
Liens utiles:
Dette écologique
Indice de la planète heureuse
[1] Ecological Footprints and Appropriated Carrying Capacity: What Urban Economics Leaves Out
Biocapacité :
La biocapacité désigne la capacité d'une zone biologiqique productive (par exemple un champ, une forêt, un lac, une région ou encore la planète) à produire une offre continue en ressources renouvelables (aliments, bois, eau douce...) et à absorber les déchets découlant de leur consommation.
Quelques chiffres relatifs à notre empreinte écologique:
- Si tout le monde vivait comme un américain, il faudrait l'équivalent en ressources de 5 planètes. Il en faudrait 2, 5 si tout le monde vivait comme un français, un peu plus qu'une planète si tout le monde vivait comme un chinois, un peu moins d'une planète si tout le monde vivait comme un indien.
- Du fait des activités humaines, le rythme d’extinction des espèces est aujourd’hui au moins 100 fois supérieurs (certains parlent de 1000 fois) au rythme naturel d’extinction. D’ici 2050, si on ne change pas de modèle de développement, 25 à 50% des espèces pourraient alors avoir disparues.
- Aujourd'hui, selon la FAO, 8% des stocks de poissons sont épuisés, 17% sont surexploités, 52% sont exploités à leur maximum.
- Pour éviter un emballement du réchauffement climatique, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent atteindre leur pic avant 2015 et diminuer rapidement ensuite de 80% d'ici 2050. Or, ces dernières années, l'ensemble des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté en moyenne d'environs 2,5%.