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Grèce-Chroniques du mont Olympe - 4. Qu’allons-nous faire de nos petits oiseaux blessés?

[Marie passe l'été dans sa famille en Gréce] Escapade familiale à Thessalonique pour visiter le musée archéologique. De la visite, nous ne dirons pas grand-chose à part que dans l’Antiquité, les Grecs avaient des titres de propriété pour leurs maisons et leurs terrains (et donc, qui peut croire aujourd’hui qu’ils n’en ont pas?).

Ensuite, nous nous sommes promenés sur le port, un coin de la ville très chic, très « promenade des Anglais » mais avec des tags et des punks à chiens. La ville est belle depuis la mer, car nous sommes montés dans un bateau-bar: la promenade d’une demi-heure est gratuite mais la consommation obligatoire. Pour une bière achetée, une bière gratuite. Et le service est très sympathique et les gens curieux de comprendre pourquoi dans cette famille, il y en a qui parlent grec et d’autres français. Le contact est fluide, amical avec les Grecs et les touristes étrangers (canadiens). Pour le repas du soir, les enfants optent pour un restaurant italien avec une décoration branchée (style industriel déstructuré): les adultes suivent. La nourriture est très fine, les assiettes sont bien garnies et les prix extrêmement bon marchés. Tout allait bien, « ça change des gyros et des souvlakis (brochettes) », commente quelqu’un. Et c’est vrai que dans l’ensemble, nous trouvons que les Grecs ont innové cette année: desserts et boissons originaux dans le petit café de la place du village par exemple.

Un malaise léger s’est installé quand une petite fille basanée est venue nous jouer de l’accordéon. Elle avait le même âge grosso modo que ma cousine en face de moi qui hésitait entre les pâtes et les pizzas. On a donné quelques pièces mais le sentiment de légèreté avait disparu. Puis, c’est un monsieur qui a essayé de nous vendre des colliers, un autre des éventails et pour finir une dame noire avec sa petite fille de 4-5 ans en écharpe de portage sur le dos est venue nous proposer des sacs à main. « Pauvres petits bourgeois blancs à qui on a gâché le repas », me direz-vous. Et  vous n’aurez pas tort. Mais l’actualité grecque m’obsède et je pense à ce peuple à qui on retire tout et qui devrait traiter avec dignité les mille réfugiés qui arrivent quotidiennement sur ses côtes. Et je pense à l’Europe que je rêvais et je me dis: « Où est-elle? ».

En retournant à la voiture, dans la nuit d’été, nous avons trouvé un bébé oiseau qui avait une aile arrachée. Après des négociations tendues entre les partisans de l’intégration au foyer de cet enfant malade et ceux qui souhaitaient au contraire le laisser au bord de la route, nous avons tranché. Un homme de la famille a accepté de lui tordre le coup pour lui éviter des souffrances. L’Europe est là, parmi nous. Qu’allons-nous faire de nos petits oiseaux blessés?

Marie Drollon

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