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Grèce : Chroniques du mont Olympe - 1 Le retour de la diaspora grecque. 

J’allume mon ordinateur, assise à la grande table de la pièce principale d’une grande maison en pierre. Mana et son fils sont à la vaisselle, les enfants se préparent pour partir à la plage, tout le monde est en mouvement pour ce premier jour de vacances au bled.

La maison familiale est une grande maison de vigneron: le rez-de-chaussée est l’ancienne cave où l’on entreposait les tonneaux de vin. C’est là que nous nous réfugions quand il fait trop chaud. Pierre et bois sont les deux matériaux principaux de cette maison que mes beau-parents ont retapée quand ils sont revenus en Grèce après avoir vécu quarante ans à Paris. Ils ont connu la guerre mondiale, la guerre civile, la dictature, l’immigration en France dans les années 60, et se tapent désormais une crise économique sans précédent. Leur histoire, c’est l’histoire de notre siècle en tout petit mais en si éloquent. Il sont revenus au bled avec la splendeur de l’immigration réussie.

Leur bled est sur le mont Olympe, en Grèce. Et forcément, on y parle du referendum et de ses conséquences à prévoir, à anticiper, à craindre.

La veille au soir, Mana avait préparé des Mezze pour fêter notre arrivée et dans une discussion gréco-française, j’entends: « De toutes façons, Hollande aussi il mange la merde de Merkel. A la petite cuiller ». C’est mon oncle. Ou mon beau-frère. ça dépend du pays où on se trouve. Dans l’ensemble, les Grecs que j’ai croisés sont inquiets. Mes beau-parents n’ont pas perçu les loyers de leurs appartements ce mois-ci, et n’ont même pas osé demandé à leurs locataires. La fermeture des banques entraîne tout un tas de conséquences inattendues.

Au bled, un café a fermé. Mais on me dit que le patron avait ouvert uniquement pour toucher des subventions pour faire refaire sa maison. Le reste du village est fidèle à l’image que l’on se forge année après années: les petits vieux qui viennent boire le café froid sur la place du village, les potagers florissants, les fleurs dans les pots, dans les jardins, dans les jardinières. Mana me dit :  « tu verras, à la ville (Larissa), ça a beaucoup changé. Beaucoup de magasins ont fermé ». Il y a deux ans, on y était et on s’était dit que cette ville de Thessalie résistait beaucoup mieux qu’Athènes ou Thessalonique. On verra demain pour la ville. Profitons que les enfants sont partis à la plage et que les grands-parents font la sieste pour nous reposer aussi. Depuis le mont Olympe, quand la télé se tait, on se sent protégés de la crise, de Merkel et de la dette.

Marie Drollon-Ikonomou

 

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