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Espagne : Les écologistes dans la dynamique du succès des listes citoyennes

 

 

Français, mais vivant et élu en Espagne, Florent Marcellesi siègera au Parlement européen à partir de mai 2016. Animateur du parti écologiste espagnol Equo, il nous livre son analyse des élections municipales et régionales du 24 mai en Espagne où les écologistes ont fortement contribué au succès des listes citoyennes.

 

 

Après une campagne excitante et un verdict des urnes émouvant ce 24 mai en Espagne, je vous envoie de l'info et une première analyse sur les élections municipales (qui ont eu lieu dans toute l'Espagne) et les élections régionales (sauf au Pays Basque, Galice et Catalogne; l'Andalousie, c'était il y a un mois).

 

Ces élections étaient le premier gros test pour ce nouveau panorama politique espagnol après les élections européennes, avec l'apparition premièrement de Podemos puis de Ciudadanos.

 

Résultats et première analyse :

 

· Dans les élections locales, succès extraordinaires, surtout dans des grandes villes où nous avions réussi à construire de larges convergences basées sur la coopération au travers de "candidatures citoyennes" composées par des personnes indépendantes issus de mouvements sociaux et des personnes provenant de partis comme Podemos, les Verts (EQUO dans toute l'Espagne, ICV en Catalogne), Izquierda Unida (ou une partie d'IU...), etc, comme à Madrid (avec Manuela Carmena), Barcelone (avec Ada Colau), La Corogne (avec Xulio Ferreiro), Saragosse (Pedro Santisteve), etc.

 

· À l'heure actuelle (28 mai), nous savons qu'Ada Colau sera la nouvelle maire de Barcelone. À Madrid (surnommée pendant les élections la "capitale du changement"), cela dépendra de l'appui du Parti Socialiste à "Ahora Madrid" (le nom de la candidature citoyenne).

 

· Depuis le début, EQUO a pleinement appuyé et participé à la construction de ses candidatures citoyennes. Nous sommes très heureux de vous annoncer qu'ainsi nous avons obtenu environ 100 conseillers municipaux en Espagne (20 en 2011) mais, et c'est le plus important, nous avons maintenant des conseillers municipaux dans 16 capitales (Madrid (n°3), Bilbao (n°1), Donostia-San Sebastián (n°2), Vitoria (n°1), Valencia (n°5), Córdoba (n°3), Albacete (n°2 and 5), Salamanca (n°2), Valladolid (n°4), A Coruña (n°9), Huesca (n°3), Las Palmas de Gran Canaria (n°4), Logroño (n°2), Ceuta (all list ours), Palma de Mallorca, Ibiza). C'est le meilleur résultat de l'histoire des Verts espagnols.

 

· Aux élections régionales, les choses sont assez différentes. Il n'y avait pas de candidatures citoyennes et Podemos s'est présenté comme tel, en essayant d'appliquer leur stratégie d'hégémonie. Ils ont obtenu de bons résultats, comme dans la région de Madrid, et pas si bons dans les régions rurales, mais dans tous les cas loin de leurs voeux initiaux : remplacer le Parti Socialiste et être l'opposition n°1 au PP. En fait, ils n'ont pas réussi à créer la même et large dynamique sociale et politique que les candidatures citoyennes au niveau local. Par exemple, beaucoup d'électeurs ont voté aux municipales pour "Ahora Madrid" (dont le slogan était le même que celui de l'Europe : unité dans la diversité) mais pas pour Podemos aux élections régionales... Sans aucun doute, Podemos devra repenser sa stratégie et, de notre côté en nous appuyant sur les candidatures citoyennes, nous devrons bien insister sur le fait que le modèle hégémonique autour de Podemos n'est pas la seule manière, ni forcément la plus efficace de prendre le pouvoir institutionnel !

 

· Ces élections confirment certaines tendances:

o Le système bipartisan en Espagne continue de s'affaiblir : le nouveau cycle politique sera bien plus divers et pluriel (ce qui signifie beaucoup de difficultés pour former des gouvernements stables).

O Grosse défaite pour le PP, considéré comme un parti corrompu (à juste titre) et le principal responsable de la crise.

O Le parti socialiste résiste mieux que prévu il y a quelques mois. Disons que le PSOE, ce n'est pas le PASOK.

O Izquierda Unida (un Front de Gauche à l'espagnol) est le parti qui a la plus souffert de la stratégie de Podemos.

O Ciudadanos (le Podemos de droite) est fortement monté mais pas autant que le prévoyait les sondages il y a quelques semaines.

 

· Dans ces élections régionales, EQUO a obtenu 1 député régional à Madrid (sur la liste de Podemos), 2 en Pays Valencien (avec Compromis, voir ci-dessous) et 1 à Majorque (avec une plus ample coalition écolo-sociale-régionaliste).

· Mention spéciale à la Communauté Valencienne. Là-bas, nous avons la coalition Compromis, composée par le Bloc (parti nationaliste), Iniciativa del Poble Valencia (écosocialisme-régionaliste), EQUO (verts espagnols) et indépendants. Compromis est depuis dimanche la troisième force politique du Pays Valencien avec la femme politique la plus populaire de la région : Mónica Oltra. Un gouvernement alternatif au PP devrait passer par une alliance PSOE+Compromis+Podemos. Il est aussi fortement possible que le futur maire de la ville de Valence soit de Compromis (deuxième force dans la ville) !

 

Et pour finir voici les liens vers les musiques officielles de trois candidatures citoyennes, peut-être la meilleure façon de comprendre pour vous ce que nous avons ressenti en Espagne pendant la campagne et dimanche dernier :)

Madrid: https://www.youtube.com/watch?v=f3OYOEd_ZQ0

Barcelona: https://www.youtube.com/watch?v=wB6NDWKDyKg

Córdoba: https://www.youtube.com/watch?v=iGVr1I2SfSc

 

Abrazos,

 

Florent

 



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